Diaryatou Bah
La grosse Zèbre a décidé d'inaugurer une nouvelle rubrique où elle vous présenteras des femmes exceptionnelles qui feront bouger le monde et changer la cause des femmes, quels que soyent les domaines. Elle a décidé de commencer par une jeune femme rencontrée lors des dernières journées des Doulas à Paris: Diaryatouh Bah. D'ailleurs le combat de cette jeune femme contre le violences faites aux jeunes femmes migrantes feront que la Zèbre lui consacreras 2 posts: un sur elle, son parcours et son livre. Et un autre sur son association "Espoirs et Combats de femmes".
Diaryatou Bah est née en 1985 en Guinée (imaginez, cette jeune femme n'a QUE 23 ans!!!; soubhannallah ce qu'elle a du endurer!). Son père a quatre épouses et trente-deux enfants. Diaryatou est confiée à sa grand-mère qui l'élève dans un petit village. A l'âge de 8 ans, comme le veut la coutume, elle est exisée. Son père l'a marie par procuration alors qu'elle n'a que quatorze ans. Son mari prétend travailler pour l'Union européenne en Hollande. Munie de faux papiers, elle débarque en Hollande. Son mari se révèle au grand jour. Il est en réalité marabout et à des tendances sexuelles violentes qui a déjà une autre femme. Elle perd son premier enfant sans se douter qu'elle était enceinte. Lors de son deuxième accouchement, son mari lui refuse toute assitance médicale et elle perd également son deuxième enfant. La famille s'installe ensuite en France où Diaryatou Bah vit recluse dans un appartement où les violences continuent. Jusqu'au jour ou elle voit à la télévion une jeune femme qui témoigne sur les violences conjugales et explique comment elle a fui un mari cruel. Début 2004, elle décide de quitter le foyer conjugal et se retrouve seule dans la rue.
Elle obtient finalement de l'aide des autorités. Un long processus d'intégration en France se met en route. Diaryatou Bah vit dans un foyer d'hébergement à Paris et étudie pour devenir infirmière. En ce moment, elle travaille dans une association: "Espoirs et Combats de femmes". C'est une association de loi 1901, non confessionnelle et apolitique. Elle a été fondée en 2006, par un groupe de personnes touchées par l'expérience que l'auteur Diaryatou Bah raconte dans son livre « On m'a volé mon enfance ». Ses objectifs sont d'une part d'accueillir, les femmes migrantes qui se retrouvent en très grande difficulté voire sans domicile fixe. Et d'autre part, de contribuer à l'éducation des enfants de Guinée Conakry par des actions ciblées.
Voici le prologue de son livre "On a volé mon enfance" paru en 2006 aux éditions Anne Carrière. Puis tremblez et pleurez avec elle.

Prologue :
Octobre 2003. Les Lilas, en Seine-Saint-Denis, aux portes de Paris.
Dans ce studio pourri de quinze mètres carrés, j'ai froid. Mon mari est parti en Afrique en me laissant cent euros. De quoi tenir pendant ses deux mois d'absence, m'a-t-il dit. Avec ça, j'achète du lait et du pain et je me nourris de pain trempé dans le lait plusieurs fois par jour. Je ne me lave plus. À quoi ça sert, de se laver? Je ne vois plus l'importance de m'habiller, de toute façon je n'ai pas de vêtements. Ce que je porte sur moi est pratiquement tout ce que je possède. Mon cœur bat mais je ne suis plus dans mon corps. Même les bleus ne me font plus mal. Je ne sens plus rien.
Je reste des jours entiers les yeux dans le vide ou fixés sur la télé. Personne. Rien. Que le bruit de la télé qui ronronne.
Je posterais demain les infos concernant son associations. Néanmoins, vous pouvez déjà contacter Diary par le biais de son blog (cliquez ici), n'hésitez pas à venir échanger avec elle. C'est une jeune femme charmante, emplie d'une plénitude et d'une sagesse incroyables pour son jeune âge. Et en plus, elle adore papoter!