Il évite la mort...

Publié le par La Grosse Zèbre

C'est par hasard sur une affichette collée sur une boutique de produits issus du commerce équitable que j'ai découvert ce poème de Pablo Néruda en allant travailler. Le nom de l'auteur n'y figurait pas. Toute la journée j'ai essayé de me remémorer ne serait-ce qu'une phrase pour pouvoir le retrouver plus tard sur internet. Comme un mantra je me suis répété alors la phrase:

 

"Il évite la mort celui qui se rappelle qu'être vivant
requiert un effort bien plus important que le simple fait de respirer."
C'est alors le soir que je découvre l'auteur de ce poème Pablo Néruda. Pour moi il fait partie des mêmes monstres sacrés d'Amérique du Sud comme Frida Kahlo ou Diego Rivera. Je vous conseille vivement la biographie de Pablo Neruda de Jean Marcenac et Claude Couffon, paure aux Éditions Seghers dans la collection " Poètes d'aujourd'hui ", un très bel ouvrage sur un poète trop méconnu en France.

 

Pablo Neruda




Il meurt lentement, celui qui ne voyage pas

Il meurt lentement
celui qui ne voyage pas,
celui qui ne lit pas,
celui qui n’écoute pas de musique,
celui qui ne sait pas trouver
grâce à ses yeux.

Il meurt lentement
celui qui détruit son amour-propre,
celui qui ne se laisse jamais aider.

Il meurt lentement
celui qui devient esclave de l'habitude
refaisant tous les jours les mêmes chemins,
celui qui ne change jamais de repère,
Ne se risque jamais à changer la couleur
de ses vêtements
Ou qui ne parle jamais à un inconnu

Il meurt lentement
celui qui évite la passion
et son tourbillon d'émotions
celles qui redonnent la lumière dans les yeux
et réparent les coeurs blessés


Il meurt lentement
celui qui ne change pas de cap
lorsqu'il est malheureux
au travail ou en amour,
celui qui ne prend pas de risques
pour réaliser ses rêves,
celui qui, pas une seule fois dans sa vie,
n'a fui les conseils sensés.

Vis maintenant!
Risque-toi aujourd'hui!
Agis tout de suite!
Ne te laisse pas mourir lentement!
Ne te prive pas d'être heureux!

Pablo Neruda


Voici une autre version de se poème, prononcé par Pablo Neruda lors d'un discours lors de la remise du prix Nobel de la littérature en 1971:


Il meurt lentement
celui qui devient esclave de l'habitude
refaisant tous les jours les mêmes chemins,
celui qui ne change jamais de repère,
Ne se risque jamais à porter une nouvelle couleur
Ou qui ne parle jamais à un inconnu

Il meurt lentement celui qui fait de la télévision son guide
Il meurt lentement celui qui évite la passion
celui qui préfère le noir au blanc,
les points sur les "i" à un tourbillon d'émotions
celles qui redonnent la lumière dans les yeux
et réparent les cœurs blessés.

Il meurt lentement celui qui ne change pas de cap
lorsqu'il est malheureux au travail ou en amour,
celui qui ne prend pas de risques pour réaliser ses rêves,
celui qui, pas une seule fois dans sa vie, n'a fui les conseils sensés.
Il meurt lentement celui qui ne voyage pas,
celui qui ne lit pas,
celui qui n’écoute pas de musique,
celui qui ne sait pas trouver grâce à ses yeux.

Il meurt lentement celui qui détruit son amour-propre,
celui qui ne se laisse jamais aider.
Il meurt lentement celui qui passe ses jours à se
plaindre de sa mauvaise fortune ou de la pluie incessante.
Il évite la mort celui qui se rappelle qu'être vivant
requiert un effort bien plus important que le simple fait de respirer.

Publié dans médite et réfléchit

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